Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 83e jour

(AFP)

Le début de la fin des combats à Marioupol ? Moscou a annoncé mardi la reddition de 265 soldats ukrainiens retranchés dans l'immense aciérie Azovstal, ultime poche de résistance face à l'armée russe, dans ce port stratégique du sud de l'Ukraine, sur la mer d'Azov.

Au 83e jour de la guerre, cette évacuation rend encore plus inéluctable la chute complète de la cité, presque entièrement détruite après près de trois mois de combats et de bombardements incessants. Sa prise totale par les forces russes leur permettrait de faciliter la jonction entre la Crimée (sud) et le Donbass (est).

Voici un point de la situation à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

- L'Est -

A Severodonetsk, ville devenue capitale régionale pour les Ukrainiens depuis que des forces séparatistes prorusses se sont emparées d'une partie du Donbass en 2014, "au moins 10 personnes ont été tuées" dans des bombardements russes, a annoncé lundi le gouverneur de la région.

Cette cité est quasiment encerclée par les forces de Moscou.

Malgré les appels des autorités ukrainiennes à évacuer Lyssytchansk, qui n'est séparée de Severodonetsk que par un cours d'eau, le Seversky Donets, et qui est régulièrement bombardée, plus de 20.000 civils - contre 100.000 habitants avant la guerre - sont restés, selon des volontaires qui distribuent de l'aide dans la région.

- Le Nord-Est -

Les Ukrainiens ont repris le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv, selon Kiev, qui s'attend à ce que les unités désengagées de la région aillent renforcer les troupes russes dans le Donbass, où elles ne progressent que difficilement.

- Le Sud -

Les soldats d'Azovstal sortis du site à Marioupol ont "rempli leur mission de combat", a salué l'état-major ukrainien. Ordre a été donné à leurs commandants de "sauver la vie" de ceux qui restent. "Malheureusement, aujourd'hui, l'Ukraine ne peut pas débloquer Azovstal par des moyens militaires", a expliqué de son côté le ministère de la Défense ukrainien.

Le ministère russe de la Défense a indiqué pour sa part que 265 combattants avaient "rendu les armes et (s'étaient) constitués prisonniers, dont 51 gravement blessés".

"Tous ceux qui nécessitent une assistance médicale sont envoyés vers l'hôpital de Novoazovsk", en territoire séparatiste prorusse, a-t-il précisé. Le ministère n'a pas évoqué d'échange de prisonniers, contrairement à l'Ukraine.

- Le Nord -

Dans la région de Tcherniguiv, au nord de Kiev, quelque 3.500 bâtiments auraient été détruits ou abîmés pendant la progression russe vers la capitale au début du conflit, selon le ministère britannique de la Défense. "80% des dégâts ont été infligés à des bâtiments résidentiels".

Des tirs russes de missiles Kalibr longue portée près de la gare ferroviaire de Starichi, dans la région de Lviv, ont détruit des cargaisons de matériels militaires américains et européens destinés au Donbass, selon le ministère russe de la Défense.

- Otan -

Le Kremlin multiplie les avertissements sur l'élargissement probable de l'Otan à la Finlande et la Suède, deux pays que l'invasion russe a poussés à renoncer à des décennies de non-alignement militaire.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que ces adhésions ne constituaient pas "une menace immédiate", mais que "le déploiement d'infrastructures militaires sur les territoires de ces pays (entraînerait) bien sûr une réponse".

- Union européenne -

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba était lundi à Bruxelles pour discuter de nouvelles sanctions contre la Russie. Ses homologues de l'UE y étaient réunis pour tenter de débloquer un projet d'embargo sur les importations de pétrole russe, refusé par la Hongrie qui en est très dépendante - au grand dam des Etats membres les plus proches de Kiev.

- Dizaines de milliers de morts -

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20.000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.

Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à 27.700 hommes depuis le début de l'invasion le 24 février. C'est notoirement plus que les sources occidentales. Le Kremlin a, lui, tout juste admis des "pertes importantes".

Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés. Aucun chiffre indépendant et fiable n'est disponible.

- Déplacés et réfugiés -

L'Ukraine a vu plus de six millions des siens fuir son territoire, dont plus de la moitié - 3,27 millions - vers la Pologne, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève, qui relève toutefois que le flot de ces départs s'est considérablement tari au fil des semaines et s'est même inversé.

Le solde global reste cependant encore largement négatif - avec 5,9 millions de départs pour 1,56 million de retour, selon les garde-frontières.

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Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 83e jour

Le 25 juin 2022 à20:05

Modifié le 25 juin 2022 à 20:05

Le début de la fin des combats à Marioupol ? Moscou a annoncé mardi la reddition de 265 soldats ukrainiens retranchés dans l'immense aciérie Azovstal, ultime poche de résistance face à l'armée russe, dans ce port stratégique du sud de l'Ukraine, sur la mer d'Azov.

Au 83e jour de la guerre, cette évacuation rend encore plus inéluctable la chute complète de la cité, presque entièrement détruite après près de trois mois de combats et de bombardements incessants. Sa prise totale par les forces russes leur permettrait de faciliter la jonction entre la Crimée (sud) et le Donbass (est).

Voici un point de la situation à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

- L'Est -

A Severodonetsk, ville devenue capitale régionale pour les Ukrainiens depuis que des forces séparatistes prorusses se sont emparées d'une partie du Donbass en 2014, "au moins 10 personnes ont été tuées" dans des bombardements russes, a annoncé lundi le gouverneur de la région.

Cette cité est quasiment encerclée par les forces de Moscou.

Malgré les appels des autorités ukrainiennes à évacuer Lyssytchansk, qui n'est séparée de Severodonetsk que par un cours d'eau, le Seversky Donets, et qui est régulièrement bombardée, plus de 20.000 civils - contre 100.000 habitants avant la guerre - sont restés, selon des volontaires qui distribuent de l'aide dans la région.

- Le Nord-Est -

Les Ukrainiens ont repris le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv, selon Kiev, qui s'attend à ce que les unités désengagées de la région aillent renforcer les troupes russes dans le Donbass, où elles ne progressent que difficilement.

- Le Sud -

Les soldats d'Azovstal sortis du site à Marioupol ont "rempli leur mission de combat", a salué l'état-major ukrainien. Ordre a été donné à leurs commandants de "sauver la vie" de ceux qui restent. "Malheureusement, aujourd'hui, l'Ukraine ne peut pas débloquer Azovstal par des moyens militaires", a expliqué de son côté le ministère de la Défense ukrainien.

Le ministère russe de la Défense a indiqué pour sa part que 265 combattants avaient "rendu les armes et (s'étaient) constitués prisonniers, dont 51 gravement blessés".

"Tous ceux qui nécessitent une assistance médicale sont envoyés vers l'hôpital de Novoazovsk", en territoire séparatiste prorusse, a-t-il précisé. Le ministère n'a pas évoqué d'échange de prisonniers, contrairement à l'Ukraine.

- Le Nord -

Dans la région de Tcherniguiv, au nord de Kiev, quelque 3.500 bâtiments auraient été détruits ou abîmés pendant la progression russe vers la capitale au début du conflit, selon le ministère britannique de la Défense. "80% des dégâts ont été infligés à des bâtiments résidentiels".

Des tirs russes de missiles Kalibr longue portée près de la gare ferroviaire de Starichi, dans la région de Lviv, ont détruit des cargaisons de matériels militaires américains et européens destinés au Donbass, selon le ministère russe de la Défense.

- Otan -

Le Kremlin multiplie les avertissements sur l'élargissement probable de l'Otan à la Finlande et la Suède, deux pays que l'invasion russe a poussés à renoncer à des décennies de non-alignement militaire.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que ces adhésions ne constituaient pas "une menace immédiate", mais que "le déploiement d'infrastructures militaires sur les territoires de ces pays (entraînerait) bien sûr une réponse".

- Union européenne -

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba était lundi à Bruxelles pour discuter de nouvelles sanctions contre la Russie. Ses homologues de l'UE y étaient réunis pour tenter de débloquer un projet d'embargo sur les importations de pétrole russe, refusé par la Hongrie qui en est très dépendante - au grand dam des Etats membres les plus proches de Kiev.

- Dizaines de milliers de morts -

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20.000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.

Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à 27.700 hommes depuis le début de l'invasion le 24 février. C'est notoirement plus que les sources occidentales. Le Kremlin a, lui, tout juste admis des "pertes importantes".

Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés. Aucun chiffre indépendant et fiable n'est disponible.

- Déplacés et réfugiés -

L'Ukraine a vu plus de six millions des siens fuir son territoire, dont plus de la moitié - 3,27 millions - vers la Pologne, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève, qui relève toutefois que le flot de ces départs s'est considérablement tari au fil des semaines et s'est même inversé.

Le solde global reste cependant encore largement négatif - avec 5,9 millions de départs pour 1,56 million de retour, selon les garde-frontières.

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