L'Otan annonce un accord avec Kiev après une cyberattaque

(AFP)

L'Otan a annoncé vendredi la prochaine signature d'un accord avec l'Ukraine pour renforcer leur coopération contre les cyberattaques, quelques heures après un vaste piratage informatique ayant visé plusieurs ministères ukrainiens.

L'accord, qui sera signé "dans les prochains jours", "prévoit notamment l'accès de l'Ukraine à la plateforme de partage d'informations sur les logiciels malveillants de l'Otan", a précisé dans un communiqué Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Alliance atlantique.

Selon lui, des experts de l'Otan se trouvent déjà en Ukraine, apportant "leur soutien aux autorités ukrainiennes sur le terrain".

Cette annonce est intervenue peu après que l'Ukraine a déclaré avoir été frappée par une cyberattaque d'ampleur ayant visé plusieurs de ses ministères.

L'origine de ce piratage était inconnue et les autorités ukrainiennes n'ont pour l'instant accusé personne.

Ce sabotage a été immédiatement condamné par l'Union européenne, en pleine séquence diplomatique tendue entre la Russie et les Occidentaux, qui craignent une invasion de l'Ukraine par les troupes russes.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a affirmé que tous les moyens étaient mobilisés pour aider Kiev. "Vous pouvez imaginer qui a fait ça", a-t-il dit sans autres précisions.

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, a déclaré quant à lui que les services de renseignement occidentaux et ukrainiens pensaient que les cyberattaques faisaient partie d'un complot destiné à "la déstabilisation de la situation en Ukraine".

Kiev et l'Occident ont dans le passé plusieurs fois accusé des équipes de hackers russes de mener des attaques coordonnées contre leurs infrastructures stratégiques, ce dont Moscou se défend.

Vendredi, l'Ukraine a assuré n'avoir pas constaté de dommages importants à la suite de cette attaque "massive", qui a touché les sites internet de plusieurs ministères ukrainiens.

Un message menaçant -en ukrainien, russe et polonais- avait été diffusé sur la page d'accueil de la diplomatie ukrainienne par les auteurs de l'attaque.

"Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web", pouvait-on lire dans ce message accompagné de plusieurs logos dont un drapeau ukrainien barré.

- "Aucune fuite" -

Les autorités ont cependant démenti tout vol de données.

Le "contenu des sites n'a pas été modifié et aucune fuite de données personnelles n'a eu lieu", ont assuré les services de sécurité ukrainiens (SBU), selon lesquels des sites avaient été volontairement désactivés pour éviter "la diffusion des attaques".

Cette cyberattaque intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Ukraine et la Russie voisine, que Kiev et ses alliés occidentaux accusent de planifier une nouvelle invasion du territoire ukrainien.

Un sabotage informatique d'ampleur visant les infrastructures stratégiques ukrainiennes afin de désorganiser les autorités est l'un des scénarios évoqués comme pouvant être le signe avant-coureur d'une offensive militaire classique.

L'Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d'électricité.

La justice américaine a révélé en octobre avoir inculpé six agents du renseignement militaire russe pour ces cyberattaques et d'autres à travers le monde.

- Sommet à trois -

En 2015 en Ukraine, une cyberattaque attribuée à Moscou avait provoqué une importante coupure d'électricité pendant plusieurs heures dans l'ouest de son territoire.

Plusieurs attaques DDos (par déni de service) en provenance de Russie ont également déjà frappé la Commission électorale ukrainienne, selon Kiev.

L'attaque de vendredi intervient après plusieurs sessions de pourparlers entre responsables russes et occidentaux qui ont eu lieu cette semaine pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine, sans permettre d'avancée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé une rencontre à trois, éventuellement virtuelle, avec ses homologues américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine pour faire baisser les tensions, a déclaré vendredi M. Iermak.

La Russie a dit ne pas voir l'intérêt de reprendre ces discussions à court terme, tout en assurant n'avoir aucune "intention" d'envahir son voisin.

Dans ce contexte, le ministère russe de la Défense a diffusé vendredi des images de manoeuvres militaires avec 2.500 soldats et une centaine de chars se déroulant à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

La Russie a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale en 2014. Moscou est aussi largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes prorusses en guerre avec Kiev dans l'est de l'Ukraine depuis 2014.

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L'Otan annonce un accord avec Kiev après une cyberattaque

Le 28 janvier 2022 à09:40

Modifié le 28 janvier 2022 à 09:40

L'Otan a annoncé vendredi la prochaine signature d'un accord avec l'Ukraine pour renforcer leur coopération contre les cyberattaques, quelques heures après un vaste piratage informatique ayant visé plusieurs ministères ukrainiens.

L'accord, qui sera signé "dans les prochains jours", "prévoit notamment l'accès de l'Ukraine à la plateforme de partage d'informations sur les logiciels malveillants de l'Otan", a précisé dans un communiqué Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Alliance atlantique.

Selon lui, des experts de l'Otan se trouvent déjà en Ukraine, apportant "leur soutien aux autorités ukrainiennes sur le terrain".

Cette annonce est intervenue peu après que l'Ukraine a déclaré avoir été frappée par une cyberattaque d'ampleur ayant visé plusieurs de ses ministères.

L'origine de ce piratage était inconnue et les autorités ukrainiennes n'ont pour l'instant accusé personne.

Ce sabotage a été immédiatement condamné par l'Union européenne, en pleine séquence diplomatique tendue entre la Russie et les Occidentaux, qui craignent une invasion de l'Ukraine par les troupes russes.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a affirmé que tous les moyens étaient mobilisés pour aider Kiev. "Vous pouvez imaginer qui a fait ça", a-t-il dit sans autres précisions.

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, a déclaré quant à lui que les services de renseignement occidentaux et ukrainiens pensaient que les cyberattaques faisaient partie d'un complot destiné à "la déstabilisation de la situation en Ukraine".

Kiev et l'Occident ont dans le passé plusieurs fois accusé des équipes de hackers russes de mener des attaques coordonnées contre leurs infrastructures stratégiques, ce dont Moscou se défend.

Vendredi, l'Ukraine a assuré n'avoir pas constaté de dommages importants à la suite de cette attaque "massive", qui a touché les sites internet de plusieurs ministères ukrainiens.

Un message menaçant -en ukrainien, russe et polonais- avait été diffusé sur la page d'accueil de la diplomatie ukrainienne par les auteurs de l'attaque.

"Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web", pouvait-on lire dans ce message accompagné de plusieurs logos dont un drapeau ukrainien barré.

- "Aucune fuite" -

Les autorités ont cependant démenti tout vol de données.

Le "contenu des sites n'a pas été modifié et aucune fuite de données personnelles n'a eu lieu", ont assuré les services de sécurité ukrainiens (SBU), selon lesquels des sites avaient été volontairement désactivés pour éviter "la diffusion des attaques".

Cette cyberattaque intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Ukraine et la Russie voisine, que Kiev et ses alliés occidentaux accusent de planifier une nouvelle invasion du territoire ukrainien.

Un sabotage informatique d'ampleur visant les infrastructures stratégiques ukrainiennes afin de désorganiser les autorités est l'un des scénarios évoqués comme pouvant être le signe avant-coureur d'une offensive militaire classique.

L'Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d'électricité.

La justice américaine a révélé en octobre avoir inculpé six agents du renseignement militaire russe pour ces cyberattaques et d'autres à travers le monde.

- Sommet à trois -

En 2015 en Ukraine, une cyberattaque attribuée à Moscou avait provoqué une importante coupure d'électricité pendant plusieurs heures dans l'ouest de son territoire.

Plusieurs attaques DDos (par déni de service) en provenance de Russie ont également déjà frappé la Commission électorale ukrainienne, selon Kiev.

L'attaque de vendredi intervient après plusieurs sessions de pourparlers entre responsables russes et occidentaux qui ont eu lieu cette semaine pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine, sans permettre d'avancée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé une rencontre à trois, éventuellement virtuelle, avec ses homologues américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine pour faire baisser les tensions, a déclaré vendredi M. Iermak.

La Russie a dit ne pas voir l'intérêt de reprendre ces discussions à court terme, tout en assurant n'avoir aucune "intention" d'envahir son voisin.

Dans ce contexte, le ministère russe de la Défense a diffusé vendredi des images de manoeuvres militaires avec 2.500 soldats et une centaine de chars se déroulant à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

La Russie a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale en 2014. Moscou est aussi largement considéré comme le parrain militaire des séparatistes prorusses en guerre avec Kiev dans l'est de l'Ukraine depuis 2014.

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